Combien gagne un kinésithérapeute après charges et URSSAF ?
Mise à jour le 12 septembre 2026
Un masseur-kinésithérapeute exerçant en libéral perçoit en moyenne entre 3 000 et 3 500 € nets par mois en 2026 selon la DREES et l’UNASA. Environ la moitié des honoraires encaissés est absorbée par les frais de fonctionnement du cabinet et les cotisations sociales obligatoires avant l’application de l’impôt sur le revenu.
Données statistiques de l’Union Nationale des Associations Agréées (UNASA) :
Chiffres clés :
| Statut | Bénéfice moyen annuel | Moyenne mensuelle avant impôt | Bénéfice médian annuel | Médiane mensuelle avant impôt |
|---|---|---|---|---|
| Kiné titulaire | 40 701 € | 3 392 € | 31 356 € | 2 613 € |
| Kiné remplaçant | 29 796 € | 2 483 € | 25 861 € | 2 155 € |
Structure des dépenses professionnelles d’un cabinet de kinésithérapie
Le revenu disponible d’un masseur-kinésithérapeute libéral dépend de la déduction successive de deux grands blocs de charges sur son chiffre d’affaires. D’une part, les coûts matériels liés à l’exercice quotidien de la profession, et d’autre part, les prélèvements sociaux personnels.
Pour un praticien titulaire générant un chiffre d’affaires annuel de 85 000 €, les dépenses courantes de structure représentent généralement une enveloppe comprise entre 12 000 et 20 000 €. Ce poste regroupe le loyer professionnel, les primes d’assurances, l’amortissement du matériel médical, les honoraires de l’expert-comptable, les abonnements logiciels de télétransmission, la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et les frais de déplacement en véhicule.
Règle de calcul du bénéfice net à partir des recettes annuelles
Pour estimer son revenu avant impôt, le praticien soustrait de ses recettes brutes l’ensemble de ses charges d’exploitation ainsi que ses cotisations sociales obligatoires.
Voici le déroulement pas à pas sur la base d’une activité moyenne constatée :
- Chiffre d’affaires annuel encaissé : 85 282 €
- Total des charges professionnelles et cotisations sociales (52 %) : 85 282 € × 0,52 = 44 347 €
- Bénéfice annuel net obtenu : 85 282 € – 44 347 € = 40 935 € (arrondi au bénéfice comptable moyen constaté de 40 701 €)
- Rémunération mensuelle brute de prélèvements fiscaux : 40 701 € / 12 = 3 392 €
Ce résultat fluctue principalement en fonction du coût du local professionnel et du partage des frais en cabinet de groupe. L’exercice en commun permet de mutualiser les dépenses fixes comme le secrétariat ou le plateau technique, diminuant ainsi le taux global de charges au profit du revenu net.

Prélèvements URSSAF et cotisations CARPIMKO : fonctionnement des cotisations obligatoires
Les cotisations sociales versées aux organismes de recouvrement représentent une part déterminante des déductions appliquées aux honoraires. Le masseur-kinésithérapeute conventionné relève à la fois de l’URSSAF pour la protection sociale de base et de la CARPIMKO pour sa retraite et sa prévoyance.
Au niveau de l’URSSAF, la cotisation d’assurance maladie-maternité s’élève à 6,50 %. Toutefois, l’Assurance Maladie prend en charge 6,40 % du montant sur l’ensemble des honoraires tirés de l’activité conventionnée, ce qui réduit le reste à charge direct du praticien à 0,10 % sur cette fraction de revenus. S’y ajoutent les contributions de CSG, CRDS et de formation professionnelle.
Concernant la retraite, la CARPIMKO applique sur le régime complémentaire un taux proportionnel unique de 8,70 %. Cette cotisation est calculée sur une assiette de revenus encadrée par un plancher fixé à 0,5 PASS (24 030 €) et un plafond de 3 PASS (144 180 €). L’ensemble de ces versements obligatoires vient directement diminuer le bénéfice imposable du praticien.
Différences de revenus entre praticien titulaire et kiné remplaçant
Le masseur-kinésithérapeute titulaire assume la responsabilité juridique du cabinet ainsi que les baux locatifs et les investissements matériels lourds. En contrepartie de cette charge structurelle, il conserve l’intégralité de ses honoraires nets après paiement des frais de fonctionnement.
Le praticien remplaçant ne supporte aucun bail commercial ni acquisition d’équipements de rééducation. En revanche, il reverse une fraction contractuelle de ses recettes au praticien remplacé au titre de la mise à disposition des locaux, du matériel et de la patientèle, ce qui explique un bénéfice moyen annuel plus modéré de 29 796 €.
Déclaration contrôlée ou micro-BNC : critères d’arbitrage fiscal
Le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % représentatif de frais professionnels sur les recettes déclarées. Ce dispositif simplifié s’adresse aux praticiens dont le chiffre d’affaires respecte les seuils d’éligibilité légaux, compris entre 77 700 € et 83 600 € selon les barèmes applicables.
Dès lors que les dépenses réelles et les cotisations sociales dépassent 34 % des honoraires perçus, ce qui est le cas pour la moyenne des titulaires avec leurs 52 % de charges implicites, l’option pour la déclaration contrôlée au réel s’avère indispensable pour optimiser l’assiette soumise au barème progressif de l’impôt.
En libéral, un kinésithérapeute doit prévoir qu’un euro d’honoraires sur deux sert exclusivement à payer les charges du cabinet et les cotisations sociales avant tout calcul d’impôt.
Foire aux questions sur les revenus des kinésithérapeutes
Quel est le bénéfice médian d’un masseur-kinésithérapeute titulaire ?
Le bénéfice comptable médian d’un praticien titulaire s’établit à 31 356 € par an, ce qui représente 2 613 € par mois avant impôt sur le revenu. Ce chiffre indique que la moitié des kinésithérapeutes installés perçoit une rémunération inférieure à ce montant.
Combien gagne un kinésithérapeute remplaçant chaque mois ?
D’après les statistiques de l’UNASA, un praticien remplaçant dégage un bénéfice moyen de 2 483 € par mois avant impôt, avec une valeur médiane constatée à 2 155 € mensuels après déduction de ses rétrocessions et cotisations.
Quel est le taux de cotisation pour la retraite complémentaire CARPIMKO ?
Le régime de retraite complémentaire des auxiliaires médicaux prélève une cotisation proportionnelle de 8,70 % sur la tranche de revenu professionnel comprise entre 24 030 € et 144 180 €.
Pourquoi le régime de la déclaration contrôlée est-il majoritaire en cabinet ?
La déclaration contrôlée permet de déduire l’intégralité des dépenses professionnelles réelles, qui atteignent en moyenne 52 % des recettes d’un cabinet, alors que le micro-BNC bloque la déduction forfaitaire à seulement 34 %.
Quelle est la prise en charge de l’Assurance Maladie sur les cotisations URSSAF ?
La CPAM prend en charge 6,40 % sur les 6,50 % de la cotisation d’assurance maladie-maternité pour les revenus issus des actes conventionnés, laissant une charge résiduelle de 0,10 % au praticien sur cette part.
Cet article est fourni à titre informatif. Les règles et législations évoluent régulièrement : vérifiez toujours les conditions en vigueur auprès des organismes officiels ou d’un conseiller spécialisé.

Sources
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