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Bruno Retailleau et Zineb El Rhazoui : un même combat contre l’islamisme ?

Lorsqu’on parle de la lutte contre l’islamisme en France, deux noms reviennent souvent : Bruno Retailleau et Zineb El Rhazoui. Lui, sénateur vendéen devenu ministre de l’Intérieur, incarne une droite conservatrice et rigoureuse, particulièrement intransigeante sur les questions de sécurité et de laïcité. Elle, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, a bâti son engagement sur une dénonciation sans compromis de l’islamisme radical, au prix de menaces de mort et d’une surveillance constante.

Mais si leurs discours se sont souvent croisés, ces dernières semaines, une ligne de fracture est apparue entre eux. Retailleau, qui l’a longtemps soutenue, a pris ses distances après des propos polémiques de l’essayiste sur le Hamas.

Alors, ces deux figures sont-elles toujours dans le même camp ? Ou assistons-nous à une rupture définitive entre deux visions de la lutte contre l’islamisme ?

Zineb El Rhazoui : du combat contre l’islamisme à une polémique inattendue

Si vous avez suivi l’actualité française des dix dernières années, vous connaissez forcément Zineb El Rhazoui. Ancienne journaliste de Charlie Hebdo, elle a survécu à l’attentat du 7 janvier 2015, ce qui l’a propulsée au rang de figure de la résistance face à l’islamisme.

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À partir de là, elle devient une cible : menaces de mort, protection policière, et surtout une parole qui se radicalise. À chaque passage télévisé, elle dénonce sans détour les compromissions avec l’islam radical et appelle l’État à une fermeté absolue.

Mais en octobre 2024, tout bascule. Lors d’une interview accordée au journal Nouvelle Aube, elle lâche une phrase qui va immédiatement faire scandale :

« Je ne condamne pas les attaques du Hamas contre Israël. »

Stupeur.

Les réactions ne tardent pas. Retailleau bondit, tout comme plusieurs figures politiques, dénonçant une prise de position inacceptable. Lui, qui l’avait souvent défendue, rompt publiquement avec elle et saisit la justice pour apologie du terrorisme.

Retailleau : une rupture sans appel

Le 15 octobre 2024, Bruno Retailleau annonce qu’il a signalé Zineb El Rhazoui à la procureure de Paris. Il estime que ses propos sont une ligne rouge et que tolérer une telle déclaration, c’est banaliser le terrorisme.

Il le dit clairement :

« Le combat contre l’islamisme ne peut souffrir d’aucune ambiguïté. On ne peut pas d’un côté dénoncer l’islam radical et de l’autre refuser de condamner le Hamas. »

Cette prise de position n’a rien d’étonnant. Retailleau, en tant que ministre de l’Intérieur, veut incarner une fermeté absolue sur ces sujets. Il ne peut pas se permettre la moindre contradiction.

Mais il y a aussi une autre dimension : il se sent trahi. Lui qui, par le passé, avait défendu El Rhazoui quand elle était attaquée, qui partageait son combat contre l’islam politique, voit soudain celle qu’il soutenait basculer de l’autre côté.

Un combat commun… qui se fissure

Avant cette affaire, Retailleau et El Rhazoui étaient souvent sur la même longueur d’onde.

Mais cette alliance idéologique n’était pas exempte de tensions. Retailleau restait un homme politique, attaché à une certaine forme de prudence dans son expression. El Rhazoui, elle, s’était toujours placée hors des institutions, avec une parole libre, quitte à déranger.

C’est là que la rupture s’est faite : sur une prise de position où Retailleau n’a vu qu’une dérive inacceptable.

Pourquoi Retailleau ne pouvait pas laisser passer ?

Retailleau, en tant que ministre de l’Intérieur, a des responsabilités directes sur les questions de terrorisme. Si il avait ignoré les propos d’El Rhazoui, on l’aurait accusé d’un deux poids deux mesures.

Il sait aussi que son électorat n’aurait pas compris qu’il ferme les yeux. Sa base politique réclame une ligne claire et ferme : on ne peut pas, même sous couvert de critique du gouvernement israélien, laisser entendre que les actions du Hamas peuvent être justifiées.

Il s’agissait donc, pour lui, d’une question de cohérence.

Zineb El Rhazoui, une figure désormais controversée

Ce qui est frappant, c’est que cette affaire n’est pas la première polémique qui entoure l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo.

Depuis plusieurs années, elle a multiplié les déclarations polémiques, souvent perçues comme trop tranchées, trop radicales.

Certains voient en elle une intellectuelle sans filtre, prête à aller jusqu’au bout de ses convictions. D’autres estiment qu’elle a progressivement dérivé vers un positionnement plus ambigu, notamment sur les questions géopolitiques.

Avec cette affaire, elle se retrouve isolée. Ceux qui la soutenaient la lâchent. Même les figures de droite qui l’avaient défendue par le passé prennent leurs distances.

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Une rupture définitive entre les deux ?

Retailleau et El Rhazoui vont-ils se retrouver un jour sur une même ligne ? Peu probable.

Si, sur le papier, ils partageaient un même combat contre l’islamisme, cette affaire a révélé une faille profonde entre eux. Retailleau est resté dans la ligne institutionnelle, où aucun écart n’est toléré. El Rhazoui, elle, a franchi une limite qu’il ne pouvait pas accepter.

Le plus probable, c’est que Retailleau continue d’incarner une ligne sécuritaire stricte, mais toujours dans le cadre de l’État. De son côté, El Rhazoui risque de rester une voix isolée, sans alliés clairs, après cette prise de position qui l’a coupée d’une partie de son soutien.

Conclusion : un combat qui ne se mène pas de la même manière

Si Bruno Retailleau et Zineb El Rhazoui semblaient se battre du même côté, cette affaire a prouvé que leurs approches étaient profondément différentes.

Retailleau reste dans le cadre institutionnel, dans une ligne dure mais compatible avec les responsabilités d’un ministre.
El Rhazoui, elle, se place dans une posture d’intellectuelle indépendante, quitte à se retrouver en porte-à-faux avec ceux qui la soutenaient.

La question que pose cette rupture est plus large : peut-on vraiment combattre l’islamisme avec des discours aussi tranchés que celui d’El Rhazoui ? Ou faut-il, comme Retailleau, rester dans les limites d’un État de droit qui ne tolère aucun écart, d’un côté comme de l’autre ?

Une chose est sûre : ce n’est pas la dernière fois que ces débats enflammeront la scène publique.

FAQ : Retailleau et El Rhazoui, ce qu’il faut retenir

1. Pourquoi Retailleau a-t-il signalé El Rhazoui à la justice ?

À cause de sa déclaration sur les attaques du Hamas, qu’il considère comme une apologie du terrorisme.

2. Étaient-ils auparavant alliés ?

Ils partageaient une vision commune sur la lutte contre l’islamisme, mais leurs méthodes et discours différaient.

3. Cette affaire a-t-elle mis fin à leur relation politique ?

Oui. Retailleau a publiquement pris ses distances et El Rhazoui se retrouve isolée.

4. Qui a le plus à perdre dans cette rupture ?

El Rhazoui, qui a perdu des soutiens importants et risque de se retrouver en marge du débat public.

5. Peut-on imaginer un rapprochement futur ?

Difficilement. Retailleau ne reviendra pas sur une décision aussi forte, et El Rhazoui ne semble pas vouloir faire marche arrière.

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